Maintien à domicile : 5 pistes de réflexion essentielles pour un choix éclairé

Que ce soit chez lui ou chez vous, votre parent souhaite vieillir dans son environnement familier et vous respectez profondément cette volonté. Mais cela n’empêche… vous commencez à percevoir certaines difficultés : pertes d’équilibre qui se répètent, isolement qui s’installe, négligence quotidienne qui apparaît… Le maintien à domicile reste-t-il vraiment la meilleure solution ? Comment en être sûr sans culpabiliser ? Voici 5 points essentiels à considérer pour y voir plus clair et avancer sereinement dans votre réflexion.

 

✔️ Ces points clés en résumé :

  • Le risque de chute s’accroît avec l’âge et des équipements adaptés sont souvent nécessaires pour sécuriser le domicile.
  • Les aides professionnelles soulagent le quotidien, mais ne remplacent pas le besoin de lien social permanent.
  • Le coût réel du maintien à domicile inclut les équipements, les aides professionnelles et votre temps personnel.
  • La charge mentale de l’aidant impacte toute la famille et mérite d’être évaluée collectivement.
  • Le maintien à domicile fonctionne très bien dans certaines conditions, mais certains signaux doivent alerter pour envisager une autre solution.
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1. Bien vieillir à la maison requiert des équipements adaptés pour réduire les risques de chute

Commençons par un sujet qui vient tout de suite en tête lorsqu’on parle de maintien à domicile : les chutes. Les statistiques récentes montrent que 1 personne sur 3 de plus de 65 ans chute au moins une fois par an. (CapRetraite, 2023). Ce qui frappe, c’est que 81 % de ces accidents se produisent au domicile (Organisation mondiale de la santé). Et concrètement, 40 % des personnes hospitalisées après une chute grave ne peuvent pas retourner vivre chez elles, et doivent aller en urgence en établissement spécialisé (CapRetraite, 2023).

 

Beaucoup de ces accidents peuvent être évités avec les bons aménagements, que ce soit dans le logement de votre parent ou dans le vôtre si vous l’accueillez. 

 

Remplacer la baignoire par une douche de plain-pied avec des barres d’appui apporte déjà plus de sécurité. Supprimer les seuils qui font trébucher, renforcer l’éclairage dans les couloirs et les escaliers, poser un revêtement antidérapant, installer un fauteuil élévateur si nécessaire… Ces adaptations protègent concrètement votre parent au quotidien.

 

Vous pouvez donc vous poser ces questions : votre parent conserve-t-il une bonne autonomie ? Son logement peut-il être adapté ? Oui ? Installer ces équipements peut alors être une bonne idée pour y gagner en accessibilité et donc en sécurité.

2. Les aides professionnelles soulagent le quotidien, mais ne remplacent pas le lien social

Vous avez peut-être déjà mis en place des aides à domicile. Ces professionnels accomplissent un travail précieux : ménage, courses, aide pour la toilette, préparation des repas, etc. Vos propres visites régulières apportent aussi ce rythme et ce lien si importants. Cet ensemble permet souvent de prolonger le maintien à domicile dans de bonnes conditions, et témoigne de toute votre attention.

Mais regardons toutefois la réalité avec douceur. Même avec cet accompagnement bien organisé, votre parent se retrouve seul une grande partie du temps. Les passages d’aides durent généralement 1 à 2 heures par jour. Vos visites, aussi régulières soient-elles, ne peuvent pas couvrir toutes les soirées, toutes les nuits, tous les week-ends. C’est normal : personne ne peut être disponible 24 heures sur 24.

 

Cette solitude répétée peut avoir des répercussions sur la santé. Les études scientifiques ont constaté certains liens : les personnes isolées socialement présentent davantage de fragilités cardiovasculaires et cognitives. L’accompagnement professionnel répond aux besoins pratiques du quotidien, c’est indéniable. 

 

Mais le besoin de lien social permanent, de conversations spontanées, de présence chaleureuse reste cependant difficile à combler uniquement par des passages ponctuels.

 

La question pour continuer à vivre à la maison devient alors : « Mon parent a-t-il une vie sociale qui le nourrit vraiment au quotidien ? »

3. Le coût réel du maintien à domicile mérite d’être évalué dans sa globalité

Le maintien à domicile semble souvent moins coûteux qu’une résidence, mais prenons le temps d’évaluer l’ensemble des dépenses.

 

Plusieurs postes sont à considérer. 

  • Les aides professionnelles à domicile représentent un coût mensuel qui varie selon les besoins de votre parent. 
  • Les adaptations du logement que nous avons évoquées demandent aussi un investissement. 
  • Le portage de repas, la téléassistance, les équipements spécifiques s’ajoutent au budget. 

Tous ces éléments cumulés peuvent représenter une somme importante.

 

Plusieurs aides existent pour alléger cette charge financière, comme : 

  • Ma Prime Adapt’, qui peut financer une partie des travaux d’adaptation du logement ;
  • l’APA à domicile, pouvant prendre en charge des heures d’aide professionnelle selon le degré d’autonomie de votre parent ;
  • les aides au logement (APL ou ALS), dans certaines situations. 
  • le crédit d’impôt de 50 % sur les services à la personne, qui peut aussi aider à réduire la facture des aides à domicile. 

 

Mais il faut aussi tenir compte du coût invisible : votre temps et votre énergie. Les kilomètres parcourus pour les visites quotidiennes, les congés posés pour accompagner aux rendez-vous médicaux, les courses faites en plus des vôtres… Cette charge représente une valeur économique réelle, même si elle ne se facture pas.

 

Prenez le temps de comparer ce budget global avec d’autres solutions d’accompagnement pour avoir une vision claire. Parfois, les différences entre rester vivre à la maison et envisager une autre solution d’hébergement s’avèrent moins importantes qu’on ne le pense initialement.

4. La charge mentale qui pèse sur vous peut aussi impacter votre parent

Vous faites énormément pour accompagner votre parent à domicile. Les visites quotidiennes, les courses, les rendez-vous médicaux, toute la gestion administrative, le soutien moral… Cet engagement témoigne de votre amour et mérite de la reconnaissance.

 

Pourtant, cette charge mentale reste souvent sous-évaluée. L’épuisement physique et moral peut s’installer progressivement. Une anxiété diffuse vous accompagne d’ailleurs peut-être : « Et s’il lui arrivait quelque chose pendant que je ne suis pas là ? » Votre vie professionnelle peut en souffrir. Votre couple également. Votre propre santé mérite aussi de l’attention. Vous n’êtes pas seul dans cette situation : 3,9 millions d’aidants en France jonglent avec ces mêmes défis.

 

Et puis votre parent peut aussi ressentir les choses de son côté. Il arrive que cette culpabilité de « déranger » commence à le tracasser. Il hésite parfois à vous appeler même en cas de réel besoin, pour ne pas vous imposer un déplacement supplémentaire. Ces tensions peuvent fragiliser votre relation et faire monter des frustrations des deux côtés.

 

Notre conseil ? Parlez-en en famille, c’est très important. Discutez ouvertement avec votre conjoint, vos enfants, vos frères et sœurs si vous en avez. Évaluez ensemble la logistique réelle : la proximité géographique, les possibilités de relais, la répartition des responsabilités. Cette lucidité collective protège tout le monde et préserve vos relations.

5. Le maintien à domicile fonctionne merveilleusement bien… dans certaines conditions

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Vous l’aurez compris, le maintien à domicile peut être une solution formidable quand le contexte s’y prête. Votre parent garde son autonomie pour les gestes essentiels. Son logement a pu être sécurisé et adapté. Sa vie sociale reste active avec des sorties régulières et des contacts chaleureux. Votre accompagnement familial reste gérable pour vous. Dans cette configuration, c’est une excellente option, qui respecte ses souhaits et préserve tous ses repères  !

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L’autonomie évolue toutefois avec le temps et c’est naturel. Certains signaux d’alerte méritent votre attention : 

  • des chutes qui se multiplient malgré les aménagements ;
  • une hygiène qui se relâche peu à peu ;
  • des oublis qui deviennent préoccupants comme le gaz resté allumé ;
  • un frigo trop souvent vide ;
  • votre parent refuse systématiquement toute sortie ;
  • une désorientation dans le temps ou l’espace commence à apparaître. 

 

Attendre trop longtemps comporte un réel risque : celui de devoir décider dans l’urgence après un accident sérieux. Choisir une nouvelle solution d’hébergement en catastrophe empêche de prendre le temps nécessaire pour comparer, visiter, impliquer votre parent dans cette grande décision. Cette précipitation peut conduire vers une option qui ne conviendra finalement pas.

 

Si plusieurs de ces signaux se manifestent, explorer d’autres pistes dès maintenant vous permettra de choisir ensemble, sereinement, le cadre de vie qui conviendra vraiment.

Le souhait de rester chez soi mérite le respect, mais mérite aussi d’être entendu dans toute sa nuance.   Parfois, derrière “je veux rester chez moi” se cache surtout “je ne veux pas aller en EHPAD médicalisé”. Cette distinction change tout, mais laisse souvent face à un manque apparemment de solutions adaptées. Pourtant, entre le maintien à domicile et l’EHPAD existe une troisième voie : la résidence services seniors.    Votre parent y dispose d’un véritable appartement privatif, exactement comme à la maison. Une équipe bienveillante reste présente 7 jours sur 7 pour la sécurité. La présence de résidents d’âges variés (seniors, familles, jeunes actifs…) crée une vie sociale riche qui combat naturellement l’isolement. Les services à la personne s’adaptent si l’autonomie évolue grâce à un système à la carte qui respecte les désirs et besoins de chacun.   Changer de lieu de vie peut parfois redonner de la vie, plutôt que l’inverse. 
Catherine Labardant, Présidente Heurus

Le maintien à domicile reste une excellente solution quand toutes les conditions sont réunies. Quand elles ne le sont plus, avancer vers autre chose ne représente ni un échec ni un abandon. C’est simplement choisir ce qui permettra à votre parent d’être heureux, en sécurité et bien entouré. Vous souhaitez en savoir plus ? Nous vous recommandons alors notre article sur les différences entre maintien à domicile et résidence senior.

Résidence Epona
Maine-et-Loire, Saumur (49)
Résidence Blanche de Castille
Maine-et-Loire, Trélazé (49)
Résidence Steredenn
Loire-Atlantique, Nantes (44)
Résidence Hermine
Ille-et-Vilaine, Vitré (35)
Résidence Olympe
Côtes-d’Armor, Loudéac (22)
Résidence Dimezell (À venir)
Finistère, Loctudy (29)
Résidence Odyssée
Manche, Cherbourg-en-Cotentin (50)